FAUSTA ET LE TORERO
Pendant que Pardaillan prenait un repos bien gagné, le Torero s'était rendu auprès de sa fiancée, la jolie Giralda.
Don César ne cessait d'interroger la jeune fille sur ce que lui avait dit cette mystérieuse princesse, au sujet de sa naissance et de sa famille, qu'elle prétendait connaître. Malheureusement, la Giralda avait dit tout ce qu'elle savait et le Torero, frémissant d'impatience, attendait que la matinée fût assez avancée pour se présenter devant cette princesse inconnue, car il avait décidé d'aller trouver Fausta.
Vers neuf heures du matin, à bout de patience, le jeune homme ceignit son épée, recommanda à la Giralda de ne pas bouger de l'hôtellerie où elle était en sûreté, sous la garde de Pardaillan, et il sortit.
Il descendit l'escalier intérieur, en chêne sculpté, dont les marches, cirées à outrance, étaient reluisantes et glissantes comme le parquet d'une salle d'honneur du palais, et pénétra dans la cuisine.
Un cabinet semblable à peu près au bureau d'un hôtel moderne avait été ménagé là, dans lequel se tenait habituellement la petite Juana.
Le Torero pénétra dans ce retrait et, s'inclinant gracieusement devant la jeune fille:
—Senorita, dit-il, je sais que vous êtes aussi bonne que jolie, c'est pourquoi j'ose vous prier de veiller sur ma fiancée pendant quelques instants. Voulez-vous me permettre de faire en sorte que nul ne soupçonne sa présence chez vous?
Avec son plus gracieux sourire, Juana répondit:
—Seigneur César, vous pouvez aller tranquille. Je vais monter à l'instant chercher votre fiancée, et, tant que durera votre absence, je la garderai près de moi, dans ce réduit où nul ne pénètre sans ma permission.