Toutefois, sans se laisser intimider par la valetaille, il commanda, sur un ton qui n'admettait pas de résistance, au premier venu de ces escogriffes, d'aller demander à sa maîtresse si elle consentait à recevoir don César, gentilhomme castillan.

Sans hésiter, le laquais répondit avec déférence:

—Sa Seigneurie l'illustre princesse Fausta, ma maîtresse, n'est pas en ce moment à sa maison de campagne.

—Bon! pensa le Torero, cette illustre princesse s'appelle Fausta. C'est toujours un renseignement.

Et, tout haut:

—J'ai besoin de voir la princesse Fausta pour une affaire du plus haut intérêt et qui ne souffre aucun retard. Veuillez me dire où je pourrai la rencontrer.

Le laquais réfléchit une seconde et:

—Si le seigneur don César veut bien me suivre, j'aurai l'honneur de le conduire auprès de M. l'Intendant qui pourra peut-être le renseigner.

Le Torero, à la suite du laquais, traversa une enfilade de pièces meublées avec un luxe inouï, dont il n'avait jamais eu l'idée. Au premier étage, il fut introduit dans une chambre confortablement meublée. C'était la chambre de M. l'Intendant à qui le laquais expliqua ce que désirait le visiteur.

M. l'Intendant était un vieux bonhomme tout courbé, d'une politesse obséquieuse.