Il la regarda d'un air étonné et, gravement:

—C'est la fiancée de don César! dit-il. Ne suis-je pas le page du Torero?

Elle comprit le sens de ces paroles. Elle eut honte de son accès de jalousie, et elle baissa la tête en rougissant.

—C'est vrai, balbutia-t-elle.

—Ne l'as-tu pas vue? continua d'interroger le Chico. Elle était à la corrida. Don César a été enlevé au moment où il se dirigeait vers elle pour lui faire hommage du flot de rubans conquis sur le taureau. Elle a dû se trouver prise dans la mêlée. Pourvu qu'il ne lui soit pas arrivé malheur!

—Peut-être a-t-elle pu se sauver à temps. Je la verrai sans doute avant la nuit. C'est ici qu'elle viendra sûrement s'enquérir de son fiancé.

Le nain hocha la tête d'un air pensif.

—Elle ne viendra pas, dit-il.

—Qu'en sais-tu?

—Elle était entourée de cavaliers qui me paraissaient suspects. J'ai cru reconnaître dans le tas la gueule de loup de ce sacripant de don Gaspar Barrigon.