Tout en s'habillant, Pardaillan songeait:

«Que veut-on de moi? A-t-on craint que je me servisse de ces éperons pour frapper mes geôliers enfroqués? N'a-t-on pas voulu plutôt me mettre dans l'impossibilité de me soustraire par une mort volontaire au supplice qui m'est réservé?... Quel supplice?...»

Et, avec un sourire terrible:

«Ah! Fausta! Fausta quel compte terrible nous aurons à régler... si je sors vivant d'ici!»

Et, tout à coup:

«Et ma bourse?... Ils l'ont emportée avec mon costume déchiré... Peste! M. d'Espinosa me fait payer cher le costume qu'il m'impose!»

Au même instant, il aperçut sa bourse posée ostensiblement sur la table. Il s'en empara et l'empocha avec une satisfaction non dissimulée.

«Allons, murmura-t-il, je me suis trop hâté de mal juger... Mais, mort-diable! je ne vais plus oser boire ni manger maintenant, de crainte qu'on ne mélange encore quelque drogue endormante à ma pitance.»

Il réfléchit un instant, et:

«Non! fit-il en souriant, ils ont obtenu ce qu'ils voulaient. Il est à présumer qu'ils ne chercheront pas à m'endormir de nouveau. Attendons. Nous verrons bien.»