En se retrouvant au grand air, sous la chaleur vivifiante de l'éclatant soleil, Pardaillan respira à pleins poumons. Il lui semblait sortir d'un lieu privé d'air et de lumière. Et, en faisant peser sur d'Espinosa, toujours impassible à son côté, un regard lourd de menaces, il pensa:

«Je ne sais ce que machine contre moi ce prêtre scélérat, mais, mordieu! il était temps que l'infernal supplice qu'il vient de m'infliger prît fin.»

Pour reposer ses yeux, encore remplis de la vision d'horreur, il voulut les poser sur les fleurs qui embaumaient l'air qu'il respirait avec délices. Alors, il tressaillit et murmura:

«Ah! quel diable de jardin est-ce là!»

Ce qui motivait cette exclamation, c'était la disposition spéciale du jardinet. Voici:

De l'escalier, par où il venait de descendre, jusqu'à un corps de bâtiment composé d'un rez-de-chaussée seulement, et en mauvais état, ce jardinet pouvait avoir, en largeur, de dix à douze mètres environ.

Dans le sens de la longueur, en partant du mur, qui prolongeait la galerie et le séparait du grand jardin, jusqu'à un autre corps de bâtiment composé aussi d'un seul rez-de-chaussée, il mesurait environ une trentaine de mètres. De sorte que ce jardinet se trouvait enfermé entre trois bâtisses (en y comprenant le bâtiment plus important où se trouvait la galerie) et une haute muraille.

Mais ce n'était pas là ce qui étonnait Pardaillan. Ce qui l'étonnait, c'est que ce jardinet était coupé, au milieu et dans toute sa longueur, par un parapet surmonté d'une haute grille dont les barreaux étaient très forts et très rapprochés.

En outre, d'autres barreaux, aussi forts et aussi rapprochés, partaient du toit d'un de ces corps de bâtiment, et venaient s'encastrer sur la grille verticale. De sorte que cela constituait une cage monstrueuse.

Des plantes grimpantes, s'enlaçant aux barreaux, montaient jusqu'au faîte de cette étrange cage, y formaient un dôme de verdure et masquaient en partie ce qui s'y passait.