De la main, elle désignait un siège placé près de son fauteuil, et un gracieux sourire ponctuait le geste.
Le Torero obéit et elle admira la parfaite aisance de ses gestes, la souplesse de ses attitudes, et, à part soi, elle murmura:
«Oui, c'est bien du sang royal qui coule dans ses veines!...De cet aventurier, élevé à la diable, je ferai un monarque superbe et magnifique.»
A ce moment, des clameurs furieuses éclataient sur la place. Le cortège des condamnés approchait du lieu du supplice, et la foule manifestait ses sentiments par des hurlements féroces:
«A mort!... Mort aux hérétiques!...»
Suivis de ces autres cris:
«Le roi!... le roi!... Vive le roi!...»
Au-dessus des clameurs et des vivats, les couvrant parfois complètement, le Miserere, entonné à pleine voix par des milliers de moines, de pénitents, de frères de cent confréries diverses, se faisait entendre, encore lointain, se rapprochant insensiblement, lugubre et terrible en même temps.
Et, dominant le tout, le glas continuait de laisser tomber, lente, funèbre, sinistre, sa note mugissante.
Cependant, dominant la gêne que lui causaient ces rumeurs, mettant tous ses efforts à surmonter le trouble étrange que la beauté de Fausta avait déchaîné en lui et qu'il sentait augmenter, le Torero dit doucement: