Pardaillan se mit à rire doucement et murmura:
—Je ne connais pas ce nom-là.
Et cependant il ne cessait de surveiller celui qui lui parlait, avec une inquiétude manifeste. D'Espinosa fit un pas de plus et lui mit la main sur l'épaule. Pardaillan se mit à trembler, et d'Espinosa, sous son étreinte, le sentit chanceler, prêt à s'abattre. Pour la deuxième fois, il eut ce même sourire livide, et, avec une grande douceur, il dit:
—Rassure-toi, Pardaillan, je ne veux pas te faire de mal.
—Vrai? fit anxieusement le fou.
—Ne le vois-tu pas? dit l'inquisiteur.
Pardaillan le considéra longuement avec une méfiance visible et, peu à peu, convaincu sans doute, il se rasséréna et, finalement, se mit à sourire, d'un sourire sans expression. Le voyant tout à fait rassuré, d'Espinosa reprit:
—Il faut te souvenir. Il le faut... entends-tu? Tu es Pardaillan.
—C'est un jeu? demanda le fou d'un air amusé. Alors, je veux bien être Par...dail...lan... Et vous, qui êtes-vous?
—Je suis d'Espinosa.