Mais il avait vainement fouillé les sous-sols de la maison sans y découvrir celui qu'il cherchait.
Il avait pensé que le prisonnier devait être gardé en haut, dans les appartements. Il savait bien comment pénétrer là, ce n'était pas cela qui l'eût embarrassé; mais en haut, au milieu de gardes et de serviteurs, il ne pouvait plus être question d'une surprise.
L'aventure tournait au coup de main et ce n'était pas lui, faible et chétif, qui pouvait le tenter. Il avait essayé cependant. Il avait failli se faire surprendre et n'avait rien trouvé. Alors, en désespoir de cause, il avait pensé à don Cervantes.
Par fatalité, le poète, employé au gouvernement des Indes, avait été envoyé en mission à Cadix et il avait dû se morfondre.
En ce qui concernait la Giralda, il avait pu, en suivant tantôt Centurion, tantôt son sergent, découvrir le lieu de sa retraite.
Elle était enfermée au château de Bib-Alzar. Et le terrible, pour elle, c'est que Barba Roja, qui avait été assez sérieusement blessé par le taureau. Barba Roja était maintenant sur pied, complètement remis, et certainement il ne tarderait pas à l'aller chercher pour l'emmener chez lui.
Tels étaient, résumés, les renseignements que le nain fournit à Pardaillan, attentif.
Au reste, il n'était pas seul à écouter le petit homme.
Juana ne perdait pas une de ses paroles et le contemplait avec une évidente admiration que Pardaillan remarqua fort bien. Une chose qu'il remarqua aussi, c'est que le nain affectait maintenant une singulière indifférence vis-à-vis de la jeune fille, qui, elle, au contraire, n'avait d'yeux et d'attentions que pour lui et le traitait avec une douceur déférente à laquelle il ne paraissait pas prêter attention, bien qu'elle fût toute nouvelle pour lui et dût lui paraître très douce.
—Sais-tu, dit Pardaillan très sérieusement, lorsque le nain eut terminé son récit, sais-tu que tu es un hardi et délié compagnon?