La leçon se poursuivit jusqu'à ce que la nuit fût tombée tout à fait, avec une patience inaltérable de la part du maître, une bonne volonté que rien ne rebutait de la part de l'élève.
Lorsque Pardaillan jugea que la soirée était assez avancée et que l'heure était venue, il arrêta la leçon et déclara gravement qu'il était content; le Chico avait des dispositions et il en ferait un escrimeur passable, ce qui transporta d'aise le petit homme et fit plaisir à Juana, qui avait assisté à la leçon.
Le moment étant venu, Pardaillan ceignit son épée, choisit dans sa collection une dague assez longue, légère et résistante, quoique flexible, et la ceignit lui-même à la taille du nain, très fier de voir cette épée—car, pour sa taille, c'était une longue épée—qui lui battait les mollets.
Quand Juana vit qu'ils se disposaient à sortir, elle fit une tentative désespérée et demanda timidement:
—Je croyais, seigneur de Pardaillan, que vous vouliez vous reposer?... Je vous ai fait préparer un lit douillet à faire envie à un moine!
—Misère de moi! gémit Pardaillan, voilà bien ma malchance... Mais, ma mignonne, j'utiliserai ce lit douillet à mon retour et ferai de mon mieux pour rattraper le temps perdu.
—Et si vous... ne revenez pas? dit faiblement Juana.
—Pourquoi ne reviendrais-je pas? s'étonna Pardaillan.
—Puisque vous dites que... l'expédition est... dangereuse... vous pourriez... être... blessé...
—Impossible! assura Pardaillan.