Et, tandis que la triste Juana, courbant la tête, sortait pour chercher les épées demandées, s'adressant au nain qui, dans sa joie exubérante, gambadait comme un fou:

—Tu n'as pas peur, au moins? fit-il en souriant.

—Peur?... fit le Chico étonné, peur de quoi?...

—Dame! fit Pardaillan de son air le plus ingénu, il va y avoir des horions à donner et à recevoir!

—On tâchera de les donner... et de ne pas les recevoir, fit le Chico en riant. Et puis, vous serez là, tiens?

—Tu ne me demandes pas où je veux te conduire?

—Tiens! comme c'est difficile à deviner! fit le Chico en haussant les épaules d'un air entendu. J'imagine que nous allons, ce soir, à la maison des Cyprès, et demain matin au château de Bib-Alzar!

Juana avait apporté les épées et les boutons, que le chevalier ajusta à la pointe des lames, et, la table poussée dans un coin, dans le petit cabinet même, la leçon commença, sous l'oeil apeuré de Juana.

Les épées de Pardaillan étaient de longues et lourdes rapières.

Tout d'abord le Chico éprouva quelque peine à les manier. Mais il était nerveux et souple; peu à peu, le poignet s'entraîna et il ne sentit plus le poids de la rapière, plus longue que lui de près d'un pied.