Au moment où il se redressait péniblement pour porter le coup mortel à l'homme qu'il haïssait, le nain l'avait aperçu et s'était jeté devant lui, le bras levé.

Le pauvre petit homme avait reçu le coup de dague en pleine poitrine, et c'était lui qui avait poussé ce grand cri qui avait fait frissonner Pardaillan. Mais, en même temps, il avait eu la satisfaction de plonger sa petite épée, jusqu'à la garde, dans la gorge du misérable qui avait fait entendre ce râle étouffé et s'était abattu, la face contre terre.

Fou de douleur à la vue du nain qui perdait des flots de sang, Pardaillan, pris d'une de ces colères terribles, cria:

—Ah! vipère!

Et, levant le pied, d'un coup de talon furieux, il broya la tête du misérable, qui se tordit un moment et demeura enfin immobile à jamais.

Ainsi finit don Cristobal Centurion, qui avait espéré, grâce à l'appui de Fausta, devenir un puissant personnage.

—Chico! mon pauvre petit Chico! râla Pardaillan, qui prit doucement le nain dans ses bras.

Le Chico jeta sur lui un regard qui exprimait tout le dévouement et toute l'affection dont son petit coeur était rempli; un sourire très doux erra sur ses lèvres, et il murmura:

—Je... suis... content!

Et il s'abandonna, évanoui, dans les bras qui le soutenaient.