—Par ma foi, c'est la petite Juana! se dit-il, enchanté au fond de la rencontre. Pour une fois, voici donc une femme qui sait arriver à propos!...

En effet, c'était la petite Juana qui grimpait précipitamment le sentier, suivie de loin par la vieille Barbara, suant, soufflant... et pestant, à son ordinaire.

A la vue de Pardaillan, seul sur l'esplanade, elle avait senti une angoisse mortelle l'étreindre; en l'entendant appeler, elle avait compris qu'un malheur était arrivé. Elle en avait le pressentiment douloureux puisque c'est ce qui l'avait décidée à tenter cette démarche plutôt risquée.

Elle avait bondi hors de la charrette et s'était mise à courir à la rencontre du chevalier.

En approchant, elle avait vu que le chevalier portait dans ses bras deux corps qui semblaient privés de vie.

Un affreux sanglot déchira sa gorge contractée. Le malheur pressenti était arrivé!

Sans forces, elle s'arrêta, plus pâle peut-être que le blessé que Pardaillan tenait dans ses bras, et elle râla:

—Il est mort, n'est-ce pas?

Comme s'il avait la tête égarée par la douleur, Pardaillan répondit d'une voix sourde:

—Pas encore!