—J'entends parler de mort, de poison, de folie, de torture, que sais-je encore! J'imagine que Mme Fausta doit avoir un entretien d'amour... Toutes les fois que Fausta parle d'amour, elle prononce le mot: mort.

A ces paroles, à cette apparition inattendue, un double cri, jeté sur un ton différent, retentit:

—Pardaillan!...

—Moi-même, madame, fit Pardaillan, qui resta devant la porte secrète comme pour en interdire l'approche à Fausta.

Et, de cette voix blanche qu'il avait dans ses moments de colère terrible, il reprit:

—Mon compliment, madame, ceux que vous tuez se portent assez bien. Dieu merci!... Et quant à la folie furieuse dont vous parliez tout à l'heure... peut-être suis-je fou, en effet, mais c'est du désir impérieux de vous écraser comme une bête venimeuse que vous êtes!

—Pardaillan!... vivant!... répéta Fausta.

—Vivant, morbleu! bien vivant, madame... Aussi vivant que cette jolie Giralda que vous aviez condamnée et qui n'a pas été souillée par l'illustre Barba Roja, attendu que la main que voici l'a proprement expédié dans un autre monde... avant qu'il eût pu consommer l'attentat odieux que vous aviez prémédité... N'avez-vous pas proclamé que tout cela était votre oeuvre?...

—Vivante!... Giralda est vivante? haleta le Torero.

—Tout ce qu'il y a de plus vivante, mon prince...