—Oh! Pardaillan! Pardaillan!... comment pourrai-je...

Cependant Fausta s'était ressaisie. Cette femme extraordinaire avait lu sa condamnation dans les yeux de Pardaillan.

—Si je ne le tue... il me tue, se dit-elle avec ce calme surhumain qu'elle avait. Mourir n'est rien.. mais je ne veux pas mourir de sa main... à lui...

Et, d'un geste prompt comme l'éclair elle saisit un petit sifflet d'argent qu'elle avait suspendu à son cou et le porta à ses lèvres.

Pardaillan vit le geste. Il eût pu l'arrêter. Il dédaigna de le faire.

Mais, en même temps que Fausta appelait, lui, d'un geste plus rapide encore, tira d'un même coup sa dague et son épée, et tendant la dague à don César, désarmé, avec une physionomie hermétique, une voix étrangement calme:

—Vous demandiez comment vous acquitter du peu que j'ai fait pour vous? Je vais vous le dire: prenez ceci... et gardez-moi madame... gardez-la-moi précieusement... Vous m'en répondrez sur votre vie... Au moindre geste suspect de sa part, abattez-la sans pitié... comme un chien enragé.

Et avec un accent d'irrésistible autorité:

—Faites ce que je vous demande... pas autre chose... et nous serons quittes, mon prince.

Cependant la porte s'était ouverte. Quatre hommes, l'épée nue à la main, se montrèrent sur le seuil. Et sans doute ne s'attendaient-ils pas à trouver là cet adversaire, car ils s'arrêtèrent indécis et se consultèrent du regard avant d'attaquer. Et Pardaillan, voyant leur hésitation, de sa voix narquoise, railla: