Pardaillan restait immuable, impavide, ferme comme un roc. Il n'avançait pas encore, mais il n'avait pas rompu d'une semelle.
Il semblait s'être interdit de franchir cette porte ouverte derrière lui. Son épée seule agissait. Elle était partout à la fois, parant ici, frappant là.
Cependant Pardaillan aussi commençait à s'échauffer, et il se disait surtout qu'il était temps d'en finir.
Alors il se mit en marche, attaquant à son tour avec une impétuosité irrésistible.
Son effort se portait principalement sur Bussi. Et ce qui devait arriver arriva. Pardaillan se fendit dans un coup droit foudroyant et Bussi tomba comme une masse.
Or, pendant tout le temps qu'avait duré cette lutte inégale, Bussi n'avait eu qu'une crainte, si tenace, si violente, qu'elle le paralysait et lui enlevait la meilleure partie de ses moyens. Bussi se disait: «Il va me désarmer... encore!» Si bien que, lorsqu'il reçut le coup en pleine poitrine, il eut un sourire de satisfaction intense, et, en rendant un flot de sang, il exhala sa satisfaction dans ce mot:
—Enfin!...
Et il demeura immobile... à jamais.
Alors Pardaillan s'occupa sérieusement des trois qui restaient. Et aussi paisiblement que s'il eût été sur les planches d'une salle d'armes, il dit très sérieusement:
—Messieurs, en souvenir de certaine offre galante que vous me fîtes un jour que vous me croyiez dans l'embarras, je vous ferai grâce de la vie...