Le Torero recula de deux pas et porta sa main crispée à sa poitrine, comme s'il eût voulu s'arracher le coeur.
—Impossible! bégaya-t-il.
—Cela est! dit Fausta rudement.
—Que maudite soit l'heure présente! tonna le Torero. Pour que mon père veuille ma mort, il faut donc que je sois quelque bâtard... Il faut donc que ma mère...
—Arrêtez! gronda Fausta en se redressant, frémissante. Vous blasphémez!... Sachez, malheureux, que votre mère fut toujours épouse chaste et irréprochable! Votre mère, que vous alliez maudire dans un moment d'égarement que je comprends, votre mère est morte martyre... et son bourreau, son assassin, pourrais-je dire, fut précisément celui qui vous repoussa, qui vous veut la malemort aujourd'hui qu'il vous sait vivant, après vous avoir cru mort durant de longues années. L'assassin de votre mère, c'est celui qui vous veut assassiner aussi: c'est votre père!
—Horreur! Mais si je ne suis pas un bâtard...
—Vous êtes un enfant légitime, interrompit Fausta avec force. Je vous en fournirai les preuves... quand l'heure sera venue.
Et, tranquillement, elle reprit place dans son fauteuil.
Lui, cependant, à moitié fou de douleur et de honte, clamait douloureusement:
—S'il en est ainsi, c'est donc que mon père est un monstre sanguinaire, un fou furieux!