Et, en disant ces mots, elle le fouillait de plus en plus. Non! décidément, il ne savait rien, car il reprit en se frappant le front:

—C'est vrai! Niais que je suis! Comment n'ai-je pas songé à cela?... Alors, c'est vrai? dit-il d'une voix implorante, il vit?... Mon père vit?... Mon père!...

Et il répétait doucement ce nom, comme s'il eût éprouvé un soulagement ineffable à le prononcer.

Tout autre que Fausta eût été attendri, eût eu pitié de lui. Mais Fausta ne voyait que le but à atteindre.

Froidement, implacable sous ses airs doucereux, elle reprit:

—Votre père est vivant, bien vivant... malheureusement pour vous. C'est lui qui vous poursuit de sa haine implacable, lui qui a juré votre mort... et qui vous tuera, n'en doutez pas, si vous ne vous défendez énergiquement.

Ces mots rappelèrent le jeune homme au sens de la réalité, momentanément oubliée. Mais, que son père voulût sa mort, cela lui paraissait impossible, contre nature. Instinctivement, il cherchait dans son esprit une excuse à cette monstruosité. Et, tout à coup, il se mit à rire franchement et s'écria joyeusement:

—J'y suis!... Mordieu! madame, l'horrible peur que vous m'avez faite! Est-ce qu'un père peut chercher à meurtrir son enfant, la chair de sa chair? Eh! non, c'est impossible! Mon père ignore qui je suis. Dites-moi son nom, madame, j'irai le trouver, et je vous jure Dieu que nous nous entendrons.

Lentement, comme pour bien faire pénétrer en son esprit chaque parole, elle dit:

—Votre père sait qui vous êtes... C'est pour cela qu'il veut vous supprimer.