En disant ces mots, il alla fermer la porte à clef, poussa le verrou intérieur et mit la clef dans sa poche. Ceci fait, il retourna lentement vers Fausta, et son visage, jusque-là railleur et dédaigneux, avait pris une expression de menace si terrible que Fausta, affolée, clama dans son esprit:

—C'est fini!... Il va me tuer!... lui!... lui!...

Pardaillan, sans prononcer une parole, s'approcha d'elle avec une lenteur effroyable.

Et elle, pétrifiée, avec des yeux sans expression, le regardait s'approcher sans faire un mouvement.

Quand il fut contre elle, poitrine contre poitrine, sans desserrer les dents, avec un regard effrayant, d'un éclat insoutenable, avec la même lenteur calculée, il leva les mains et les abattit sur ses épaules qui ployèrent. Puis les mains remontèrent, s'arrêtèrent au cou qu'elles agrippèrent, et les doigts sur la nuque, les deux pouces sous le menton, commencèrent d'exercer l'inévitable et mortelle pression.

Alors, d'un geste animal, Fausta rentra la tête dans les épaules. Ses yeux de diamant noir, ordinairement si graves, si calmes, si clairs, se levèrent sur lui effarés, suppliants, et, dans un gémissement, elle implora:

—Pardaillan!... ne me tue pas!...

—Ah! éclata Pardaillan, avec un éclat de rire plus effrayant que sa colère de tout à l'heure, ah! c'est donc vrai!... Tu as peur!... peur de mourir!... Fausta a peur de la mort!... Ah! ceci te manquait, Fausta!...

Fausta se redressa majestueusement. Le calme prodigieux, qui l'avait abandonnée un instant, lui revint comme par enchantement, et avec un accent de souveraine hauteur, en le fixant droit dans les yeux:

—Je n'ai pas peur de la mort... et tu le sais bien... Pardaillan.