—Allons donc! ricana le chevalier, tu as peur!... Tu as demandé grâce... là... à l'instant.
—J'ai demandé grâce, c'est vrai!... Mais je n'ai pas peur... pour moi.
Et d'un geste prompt comme la foudre, profitant de l'inattention du Torero qui suivait cette scène fantastique avec un intérêt passionné, elle lui arracha la dague qu'il tenait machinalement, déchira d'un geste violent son corsage et, appuyant la pointe de la dague sur son sein nu, avec un accent de froide résolution:
—Répète que Fausta a peur... et je tombe foudroyée à tes pieds... Et toi, Pardaillan, tu ne sauras jamais pourquoi je t'ai demandé grâce.
Pardaillan comprit qu'elle ferait comme elle disait.
«Soit, dit-il. Je ne répéterai pas... J'attendrai, pour me prononcer, que vous vous soyez expliquée... Car, enfin, vous ne sauriez nier que vous avez demandé grâce!
—Oui, je t'ai demandé grâce... et je le ferais encore... Mais écoute, Pardaillan, il m'a fallu mille fois plus de courage pour t'implorer qu'il n'en faudrait pour me percer de ce fer...
Et comme il la regardait d'un air étonné, cherchant à comprendre le sens de ses paroles:
—Ecoute-moi, Pardaillan, et tu comprendras.
Et elle continua en s'animant peu à peu: