—Oui, j'ai voulu te tuer, oui, j'ai cherché à t'atteindre par les moyens les plus horribles, j'en conviens, oui, j'ai été froidement cruelle et sans coeur... mais je t'aimais, Pardaillan... je t'ai toujours aimé... et toi, tu m'as dédaignée... Comprends-tu?... Mais, si j'ai été implacable et odieuse dans ma haine, qui était de l'amour, entends-tu? Pardaillan, je n'ai pas voulu—ah! cela, jamais!—je n'ai pas voulu qu'un jour ton fils pût se dresser devant toi et te demander:

—Qu'avez-vous fait de ma mère?

—Je n'ai pas voulu que cette chose horrible arrivât... parce que je suis la mère de ton fils. Comprends-tu maintenant pourquoi je t'ai demandé grâce? Pourquoi tu ne peux pas tuer la mère de ton enfant?

En entendant ces paroles, qu'il était à mille lieues de prévoir, le sentiment qui domina chez Pardaillan fut l'étonnement, un étonnement prodigieux.

Eh! quoi! il était père?... Il avait un fils, lui, Pardaillan?...

On comprend qu'il voulut savoir à quoi s'en tenir sur la naissance de ce fils, et il interrogea Fausta qui lui fit le récit des événements relatés dans les premiers chapitres de cette histoire. Pardaillan écouta ce récit avec une attention soutenue, et quand elle eut terminé:

—En sorte que, fit-il, mon fils se trouve, peut-être, à l'heure qu'il est, à Paris, sous la garde de votre suivante Myrthis... Et vous, digne mère, vous n'avez su trouver le temps de vous occuper de cet enfant... Il est vrai que vous aviez fort à faire... et de si graves choses... Enfin, ce qui est fait est fait.

Fausta courba la tête.

—Que comptez-vous faire? fit-elle.

—Mais... je compte rentrer à Paris... puisque aussi bien ma mission est terminée.