«Mort aux hérétiques! Mort aux hérétiques!»
Alors, du haut du bûcher, une voix protesta.
C'était un jeune homme de vingt-cinq ans environ, beau, noble, riche, ayant occupé une charge importante à la cour. Le Torero, qui le connaissait de vue, le reconnut aussitôt.
Et le condamné clamait:
—Je ne suis pas un hérétique! Je crois en Dieu! Que mon sang retombe sur ceux qui m'ont condamné! J'en appelle à...
On ne put en entendre davantage. Des milliers de moines hurlèrent furieusement le Miserere et couvrirent sa voix.
En même temps, les flammes commencèrent à s'élever, vinrent doucement lécher les pieds nus des condamnés, comme pour goûter à la proie qui leur était offerte. Et, l'ayant trouvée à leur goût, elle s'élevèrent davantage encore, enlacèrent les victimes, les étreignirent, les happèrent.
—Horrible! horrible! murmura le Torero en portant sa main devant ses yeux. Quel crime a donc commis ce malheureux?
—Il a commis le crime que tu rêves de commettre!... le crime pour lequel tu seras condamné comme lui, exécuté comme lui... si je n'arrive à te persuader.
—Quel crime? répéta machinalement le Torero.