Un fauteuil unique fut traîné sur le balcon et un personnage, devant qui tous les autres s'effaçaient, parut sur le balcon, s'assit paisiblement, tandis que tous les assistants, restés à l'intérieur, se groupaient derrière le fauteuil. Et le personnage, le menton dans la paume de la main, le coude sur le bras du fauteuil, laissa errer distraitement sur le bûcher embrasé et sur la foule hurlante un regard froid et acéré.
En réponse au cri de révolte et de fureur du Torero, Fausta s'approcha de lui jusqu'à le toucher, et, la face étincelante, le dominant du regard, impérieuse et fatale, elle lui jeta en plein visage, d'une voix tonnante:
—Ton père!... Tu veux savoir qui est ton père?...
Le Torero eut l'intuition rapide d'une révélation formidable, et, affolé, il bégaya:
—Oh!... Qu'allez-vous m'apprendre?
Fausta se pencha davantage encore sur lui, le saisit au poignet et répéta:
—Tu veux connaître ton père?... Eh bien, regarde!... le voici!...
Et son index tendu désignait le personnage qui, froidement, d'un air ennuyé, regardait se consumer les corps des sept suppliciés.
Le Torero fit deux pas en arrière, et, les yeux hagards, cria d'une voix où il y avait plus de douleur certes que d'horreur:
—Le roi!...