—Le roi, malheureusement, n'a jamais eu, pour personne, un sentiment de tendresse. Le roi, c'est l'orgueil, c'est l'égoïsme, c'est la sécheresse de coeur, c'est la cruauté en personne. Malheur à qui lui résiste ou lui déplaît. Cependant, en ce qui concerne la reine, il avait un semblant d'excuse.
—Ah! fit vivement le Torero. Peut-être fut-elle légère, inconséquente, oh! innocemment, sans le vouloir?
—Non, la reine n'eut rien à se reprocher. Si j'ai parlé d'un semblant d'excuse, c'est qu'il s'agit d'une aberration commune à bien des hommes: la jalousie.
—Jaloux!... Sans motif?
—Sans motif, dit Fausta avec force. Et qui pis est, sans amour.
—Comment peut-on être jaloux de qui l'on n'aime pas?
Fausta sourit.
—Le roi n'est pas fait comme le commun des mortels, dit-elle.
—Se peut-il que la jalousie, sans amour, aille jusqu'au crime? Ce que vous appelez jalousie, d'autres pourraient, plus justement peut-être, l'appeler férocité.
Fausta sourit encore d'un sourire énigmatique qui ne disait ni oui ni non.