—Ne raillez pas, chevalier, c'est cette dernière proposition qui m'a sauvé. J'ai songé à ma petite Giralda qui m'a aimé de tout son coeur alors que je n'étais qu'un pauvre aventurier. J'ai compris qu'on la menaçait, oh! d'une manière détournée. J'ai compris qu'en tout cas elle serait la première victime de ma lâcheté, et que, pour me hausser à ce trône, avec lequel on me fascinait, il me faudrait monter sur le cadavre de l'innocente amoureuse sacrifiée. Et j'ai été, je vous jure, bien honteux.
«Amour, amour, songea Pardaillan, qu'on aille, après celle-là, nier ta puissance!»
Et tout haut, d'un air railleur:
—Allons, bon! Vous avez fait la folie de refuser.
—Je n'ai pas eu le temps de refuser.
—Tout n'est pas perdu alors, dit Pardaillan, de plus en plus railleur.
—La princesse ne m'a pas laissé parler. Elle a exigé que ma réponse fût renvoyée à après-demain.
—Pourquoi ce délai? fit Pardaillan en dressant l'oreille.
—Elle prétend que demain se passeront des événements qui influeront sur ma décision.
—Ah! quels événements?