—Vous aussi, chevalier, vous croyez mon existence menacée?
—Je crois que vous ne serez réellement en sûreté que lorsque vous aurez quitté à tout jamais le royaume d'Espagne. C'est pourquoi la proposition que vous m'avez faite de m'accompagner en France m'a comblé de joie.
Le Torero fixa Pardaillan et, d'un accent ému:
—Ces ennemis qui veulent ma mort, je les dois à ma naissance mystérieuse. Vous, Pardaillan, vous connaissez ce secret. Ce secret n'est-il donc un secret que pour moi? Ne me heurterai-je pas toujours et partout à des gens qui savent et qui semblent s'être fait une loi de se taire?
Vivement ému, Pardaillan dit avec douceur:
—Très peu de gens savent, au contraire. C'est par suite d'un hasard fortuit que j'ai connu la vérité.
—Ne me la ferez-vous pas connaître?
Pardaillan eut une seconde d'hésitation, et:
—Oui, dit-il, vous laisser dans cette incertitude serait vraiment trop pénible. Je vous dirai donc tout.
—Quand? fit vivement le Torero.