—Quand nous serons en France.

Le Torero hocha douloureusement la tête.

—Je retiens votre promesse, dit-il.

Il n'insista pas, et le chevalier demanda d'un air détaché:

—Vous prendrez part à la course de demain?

—Sans doute.

—Vous êtes absolument décidé?

—Le moyen de faire autrement? Le roi m'a fait donner l'ordre d'y paraître. On ne se dérobe pas à un ordre du roi. Puis il est une autre considération qui me met dans l'obligation d'obéir. Je ne suis pas riche, vous le savez... d'autres aussi le savent. La mode s'est instituée de jeter des dons dans l'arène quand j'y parais. Ce sont ces dons volontaires qui me permettent de vivre. Et, bien que je sois le seul pour qui le témoignage des spectateurs se traduise par des espèces monnayées, je n'en suis pas humilié. Le roi d'ailleurs prêche d'exemple. A tout prendre, c'est un hommage comme un autre.

—Bien, bien, j'irai donc voir de près ce que c'est qu'une course de taureaux.

Les deux amis passèrent le reste de la journée à causer et ne sortirent pas de l'hôtellerie. Le soir venu, ils s'en furent se coucher de bonne heure, tous deux sentant qu'ils auraient besoin de toutes leurs forces le lendemain.