Chose incroyable, l'idée ne lui vint pas que les formidables préparatifs qui s'étaient faits sous ses yeux pouvaient tout aussi bien le viser, que le Torero.

De ce qu'il ne se croyait pas directement menacé, il ne s'ensuit pas qu'il s'estimait en parfaite sécurité au milieu de cette foule de seigneurs, dont il sentait la sourde hostilité.

Et, comme il sentait autour de lui gronder la colère, comme il ne voyait que visages renfrognés ou menaçants, il se hérissa plus que jamais, toute son attitude devint une provocation qui s'adressait à une multitude.

Comme on le voit, la partie était loin d'être égale, et, comme le pensait judicieusement le chevalier, il avait toutes les chances d'être emporté par la tourmente.

VII

LA CORRIDA

Lorsque Pardaillan s'assit au premier rang des gradins, à la place que d'Espinosa avait eu la précaution de lui faire garder, les trompettes sonnèrent.

C'était le signal impatiemment attendu annonçant que le roi ordonnait de commencer.

Barba Roja avait été désigné pour courir le premier taureau. Le deuxième revenait à un seigneur quelconque dont nous n'avons pas à nous occuper; le troisième, au Torero.

Barba Roja, muré dans son armure, monté sur une superbe bête caparaçonnée de fer comme le cavalier, se tenait donc à ce moment dans la piste, entouré d'une dizaine d'hommes à lui, chargés de le seconder dans sa lutte.