Largior hic campos aether et lumine vestit Purpureo. _(_A_En., _lib. VI.) [305] Allusion au poëme de Giacobo Sannazaro, qui vivait à Naples vers 1500. L'_Arcadia _fut célèbre en Espagne, où l'on en fit plusieurs traductions. [306] On ne s'attendait guère à trouver dans le conte du chevrier une imitation de Virgile :
Formosam resonare doces Amaryllida silvas. [307] Autre imitation de Virgile, qui termine ainsi sa première églogue :
Sunt nobis mitia poma, Castaneae molles, et pressi copia lactis. [308] Voilà un passage tout à fait indigne de Cervantès, qui se montre toujours si doux et si humain ; il y fait jouer au curé et au chanoine un rôle malséant à leur caractère, et il tombe justement dans le défaut qu'il a reproché depuis à son plagiaire Fernandez de Avellaneda. Il n'y a point de semblable tache dans la seconde partie du Don Quichotte. [309] Les processions de pénitents _(disciplinantes), _qui donnaient lieu à toutes sortes d'excès, furent défendues, en Espagne, à la fin du règne de Charles III. [310] Dans le reste de l'Espagne, les femmes mariées conservaient et conservent encore leurs noms de filles.
Cervantès, dans le cours du Don _Quichotte, _donne plusieurs noms à la femme de Sancho. Il l'appelle, au commencement de la première partie, Mari-Gutierrez ; à présent, Juana Panza ; dans la seconde partie, il l'appellera Teresa Cascajo ; puis une autre fois, Mari-Gutierrez, puis Teresa Panza. C'est, en définitive, ce dernier nom qu'il lui donne. [311] Il y avait alors à Saragosse une confrérie, sous le patronage de saint Georges, qui célébrait, trois fois par an, des joutes qu'on appelait justas dei arnes. (Ger. de Urrea, Dialogo de la verdadera honra militar.) [312] Garcia Ordoñez de Montalvo, l'auteur de _Las sergas de Esplandian, _dit, en parlant de son livre : « Par grand bonheur il se retrouva dans une tombe de pierre, qu'on trouva sur la terre dans un ermitage près de Constantinople, et fut porté en Espagne par un marchand hongrois, dans une écriture et un parchemin si vieux, que ce fut à grand'peine que purent le lire ceux qui entendaient la langue grecque. » La Chronique d'Amadis de Grèce fut également trouvée « dans une caverne qu'on appelle les _palais d'Hercule, _enfermée dans une caisse d'un bois qui ne se corrompt point, parce que, quand l'Espagne fut prise par les Mores, on l'avait cachée en cet endroit ». [313] Cervantès ne pensait point alors à publier une seconde partie du Don Quichotte. [314] Je demande pardon pour la traduction des sonnets et des épitaphes qui suivent. Que pouvait-on faire d'une poésie ridicule à dessein ? [315] Au temps de Cervantès, on commençait à peine à instituer des académies dans les plus grandes villes de l'Espagne, Madrid, Séville, Valence. En placer une à Argamasilla, c'était une autre moquerie contre ce pauvre village dont _il ne voulait pas se rappeler le nom. _Cervantès donne aux académiciens d'Argamasilla des surnoms ou sobriquets, comme c'était l'usage dans les académies italiennes. [316] Issu du Congo. [317] Mot formé de _pan y agua, _pain et eau ; c'est de ce nom qu'on appelle les commensaux, les parasites, les gens auxquels on fait l'aumône de la nourriture. [318] Le capricieux. [319] Le moqueur. [320] Nom de guerre d'un fameux renégat, corsaire d'Alger, et l'un des officiers de Barberousse, qui, sous le règne de Charles-Quint, fit plusieurs descentes sur les côtes de Valence. [321] _Orlando furioso, _canto XXX. - Cervantès répète et traduit ce vers à la fin du premier chapitre de la seconde partie :
Y como del Catay recibio el cetro,
Quiza otro cantará con mejor plectro.