— Oui, elle a volé dans la maison où on les a recueillis et où l'on a été si bon pour eux.
Alors elle raconta l'histoire de la croix d'or disparue.
Madame Perlet écoutait avec stupeur.
— Mon Dieu! s'écria-t-elle, voilà pourquoi elle avait une pièce de dix francs! Elle avait vendu la croix, la petite malheureuse!
Le sifflement particulier du cordonnier se fit entendre; c'était ainsi qu'il faisait en général comprendre à sa femme qu'elle avait fait une bêtise ou une maladresse, mais elle était trop préoccupée pour y faire attention.
— Voyons, dit-il, n'allons pas si vite. Rien n'est prouvé encore; je ne croirai pas facilement que cette Petite mère soit une voleuse, elle est trop bonne pour son petit frère. C'est admirable de voir comme elle s'oublie pour lui.
— Ah! dit madame Nanette, et si c'est pour lui qu'elle a volé?…
— On pourrait s'expliquer qu'elle prît pour lui un morceau de pain s'il avait faim… et encore je ne l'en crois pas capable… Mais un vol comme celui-là, je ne le croirai jamais.
Madame Perlet se sentait un peu rassurée par la ferme conviction de son mari.
— Mais cette croix qui a disparu, comment expliquez-vous cela? demanda madame Nanette, et justement après que la petite fille l'avait admirée.