— Eh bien, ne va plus la tourmenter et lui faire manger du chocolat… Souviens-toi qu'il faut qu'elle soit bien tranquille.

Il y avait eu dans la maison une réaction en faveur de Petite mère, c'est-à-dire que ceux qui s'étaient montrés le plus sévères, maintenant qu'on la savait bien malade, avaient un retour de pitié pour la pauvre enfant et demandaient avec intérêt de ses nouvelles. Une voisine lui apporta une tasse de bouillon, une autre demanda à la veiller, mais madame Perlet, qui devait bientôt quitter la maison, déclara qu'elle s'en chargeait jusqu'à son départ. C'était, comme le disait son mari, une vaillante femme qui ne ménageait pas sa peine.

Cette nuit-là, lorsqu'elle fut seule avec Petite mère, celle-ci lui dit:

— Si je meurs, est-ce que Charlot pourra rester avec vous jusqu'à ce que le père revienne?

— Tu ne mourras pas, ma fille, répondit la bonne concierge en lui caressant la main.

— Je ne sais pas, mais le voulez-vous?…

— Oui, nous prendrons soin de lui jusqu'à ce que ton père revienne, tu peux compter sur nous.

— Merci, dit l'enfant, et elle referma les yeux.

Madame Perlet la regarda un moment d'un air d'hésitation. Une question lui brûlait les lèvres, mais elle ne savait pas si c'était le moment de la faire.

Enfin elle se pencha sur elle et lui dit tout bas: