Chacun dans la maison aimait Edith; elle en était le plus beau rayon de soleil. Jamais elle n'avait rencontré dans ce monde autre chose que la bienveillance et l'affection. Nous savons déjà qu'elle était la favorite de ses maîtres; elle l'était aussi de ses compagnes; il n'y avait pas jusqu'au mendiant à qui elle donnait un sou qui ne la remerciât avec un sourire. C'est qu'elle avait elle-même un sourire joyeux et des manières gracieuses qui épanouissaient tous les coeurs.
Le jeudi matin était revenu, car une semaine seulement s'était écoulée depuis qu'Edith avait donné sa pièce d'or.
— Maman, dit-elle à madame Grandville qui écrivait, si nous allions encore aujourd'hui rencontrer Fleurette!
— Fleurette! que veux-tu dire, mon enfant?
— Tu sais bien, la petite fille que j'ai appelée ainsi, parce que je ne sais pas son nom.
— Ah! oui, je me rappelle… Mais ce n'est pas probable qu'elle se retrouve au même endroit, à moins que ce ne soit dans l'espoir de te rencontrer encore.
— Si nous la retrouvons, tu me laisseras lui parler, maman?…
— Je lui parlerai moi-même, ma fille.
— Il faudra lui parler très doucement, parce qu'elle est timide.
— Tu crois donc que je lui ferai peur?