— Et son lit? demanda-t-elle.

— C'est une paillasse sur les planches d'un vieux bois de lit. La pauvre enfant doit être aussi mal couchée que possible, mais elle n'est pas gâtée car, avant l'accident de son père, elle couchait sur un tas de paille dans un recoin sombre.

— Oh! maman, c'est affreux!…

Quand madame Grandville en vint à Petite mère elle-même et qu'elle décrivit cette petite figure immobile, ces grands yeux fermés et tout cernés de noir, ces traits pâlis et contractés par la souffrance, Edith éclata en sanglots.

Madame Grandville s'arrêta. Elle s'était laissé entraîner par sa propre sympathie et avait oublié sa crainte d'exposer sa fille à des impressions tristes. Voulant la distraire de son chagrin elle lui proposa de lui aider à préparer ce qui pourrait être utile à la petite malade.

— Oh! oui, maman! Qu'est-ce qui pourrait lui faire plaisir?…

— Nous voulons d'abord chercher ce qui peut lui faire du bien, et si nous parvenons à lui rendre un peu de force, alors on pourra songer à lui faire plaisir. Pour le moment ce serait bien inutile. Va demander à Félicie un panier et apporte-le-moi à la salle à manger.

Edith s'empressa d'obéir.

— Maintenant, maman, qu'allons-nous y mettre?

— La seule chose qu'elle puisse prendre dans l'état où elle est, c'est un peu de bouillon et de bon vin. Demande pour moi à la cuisinière un demi-litre de son bouillon. Il était excellent aujourd'hui. Pour demain nous lui ferons un consommé.