— Quel bonheur! J'ai tant de choses à te dire, papa.

— Vraiment? Je croyais que tu avais un morceau de piano à me jouer.

— Oui, mais cela, ce n'est rien; ce sera bien vite fait. J'ai énormément de choses à te raconter.

— Eh bien, je suis prêt à recevoir cette avalanche. Qu'est-ce que c'est donc que cette multitude de choses que tu as à me dire?…

— Tu verras…

— Sont-elles gaies ou tristes?

— Je crois qu'elles sont tristes, répondit Edith, après un instant de réflexion.

— Tant pis. J'aime mieux que ma petite fille me dise des choses gaies.

— Il y en a peut-être qui te feront rire, papa, répliqua Edith, qui pensait à Charlot et à ses drôles de propos, mais pourtant c'est plutôt triste que gai. J'ai beaucoup à te raconter et aussi beaucoup à te demander.

— Des questions profondes qui mettront ma science en défaut, comme lorsque tu voulais savoir, quand tu étais petite, si les anges mettent leurs bonnets de nuit pour dormir…