— Elle est mieux aujourd'hui; elle reconnaît tout le monde et parle même un peu. Peut-être que ça lui fera plaisir de vous voir, car elle nous a parlé de vous et de votre jolie chèvre, mais il ne faut pas la faire causer, elle est encore trop faible.

— Vous pouvez compter sur moi, répondit la jeune fille.

Elles montèrent ensemble. Madame Perlet n'avait pas revu la malade depuis que, au lever du soleil, elle l'avait laissée assoupie pour aller faire son ouvrage. Elle trouva un grand changement. Madame Charles l'avait lavée, lui avait mis du linge propre, sa tête était soulevée par un oreiller; elle avait vraiment l'air en convalescence.

Elle sourit et ses joues se colorèrent faiblement lorsqu'elle aperçut Sylvanie qu'elle reconnut aussitôt. Celle-ci s'approcha pour l'embrasser. Elle était tout émue en voyant à quel point quelques jours de maladie avaient changé cette petite figure déjà si chétive.

Petite mère fixa sur elle ses grands yeux sérieux.

— Je n'ai pas pris la croix d'or, dit-elle.

— Je le sais, je le sais, ma petite. La croix d'or est retrouvée depuis ce matin. Je sais maintenant que c'est moi qui l'avais perdue.

Petite mère se laissa retomber comme lorsqu'elle avait appris que la "petite dame" était retrouvée. Il semblait que la joie fût toujours trop forte pour elle, et qu'elle pût moins bien la supporter que le chagrin.

Alors Sylvanie s'assit auprès d'elle et, prenant sa main dans la sienne, elle commença à lui parler doucement, très doucement et très tranquillement, de la chèvre, du jardin, des fleurs des prés et de tout ce qui pouvait l'intéresser sans l'agiter. Charlot était entré et avait pris place sur les genoux de la visiteuse.

— Vous ne savez pas, dit-il tout à coup. Petite mère a dit que la croix d'or est au cou de la chèvre.