— Il faut retourner chez vous; votre maman sera inquiète.

— Notre maman est morte et notre papa… nous ne savons pas où il est.

— Oh! les pauvres petits!… Eh bien, venez avec moi, je vous donnerai du lait.

Du lait, le rêve de Charlot!… Il essaya de se lever et de marcher, mais ses pauvres petites jambes étaient trop lasses, il fut forcé de se rasseoir.

— Est-ce bien loin? demanda Petite mère.

— Non, c'est là tout près, la maison dont vous voyez le toit dans les arbres. Allons, si tu peux me porter mon panier, petite, moi je prendrai ce gros garçon.

Si Petite mère n'avait pas beaucoup de force elle avait en revanche beaucoup de courage. Elle prit le panier presque aussi grand qu'elle, mais pas aussi lourd qu'il était grand, et suivit la jeune fille qui avait pris Charlot à califourchon. Il fallait monter une côte et Charlot était, au rebours du panier, plus lourd encore qu'il n'était gros; aussi les deux pauvres petites haletantes, ne pouvaient guère parler.

Charlot, lui, goûtait fort cette façon d'aller, et se sentait très disposé à faire un bout de conversation.

— Est-ce qu'il est méchant? demanda-t-il à sa monture.

— Qui? dit la jeune paysanne en s'arrêtant pour reprendre haleine.