Arrivés au bas de la colline, Sylvanie les fit marcher rapidement vers une ferme qui était un peu à l'écart de la route, au milieu d'un beau groupe d'arbres fruitiers encore en fleurs. Dans la cour ils virent une charrette attelée d'un cheval qu'un homme et un jeune garçon étaient occupés à charger de bidons pleins de lait.
— Nous sommes à temps, dit Sylvanie, j'avais bien peur d'arriver en retard. Où est madame Nanette? N'est-ce pas elle qui va à la ville?
— Oui, avec moi, répondit le jeune garçon en soulevant le dernier bidon. Nous sommes un peu en retard aujourd'hui, mais nous irons bon train pour rattraper le temps perdu. Tenez, voilà madame Nanette.
Une femme d'une belle prestance et d'une figure avenante parut sur le pas de la porte et, tout en saluant Sylvanie d'un bonjour amical, elle se rapprocha de la charrette pour y monter sans un instant de retard.
— Madame Nanette, dit Sylvanie, voulez-vous prendre ces deux enfants dans votre voiture pour les ramener chez eux?
La laitière fronça légèrement le sourcil.
— Nous n'avons pas une minute à perdre, dit-elle.
— Le temps seulement de les mettre derrière vous parmi les bidons. Il y a bien une place pour eux.
— Qui sont-ils? où vont-ils?
— Ils vous le diront en chemin. Je vous remercie mille fois.