Un matin donc il fit louer une loge au Théâtre-Français, et envoya un coupon de cette loge à madame Blandais, de la part de madame la comtesse de D***.

Clarisse voulut questionner le domestique qui avait apporté cette loge, il était déjà reparti. Elle s'étonna que madame de D*** ne lui eût pas écrit un mot, mais elle pensa qu'elle avait probablement chargé son domestique d'une explication qu'il avait oubliée—et la mère et la fille se rendirent au Théâtre-Français, croyant qu'elles y allaient dans la loge de madame de D***.

—La comtesse n'est pas encore arrivée? demanda madame Blandais à l'ouvreuse.

L'ouvreuse, qui ne savait de qui on voulait parler, répondit:

—Il n'est encore venu personne.

—Il est de bonne heure, dit Clarisse, madame de D*** connaît sans doute cette pièce, elle viendra tard.

On donnait Angelo—un drame de Victor Hugo! joué par mademoiselle Mars et madame Dorval!

C'était un choix merveilleux pour une jeune fille de province qui n'était jamais allée au spectacle.

Eh bien! Clarisse n'écouta pas un mot de l'ouvrage.

Elle oublia qu'il était de Victor Hugo.