—Vous êtes resté en province?

—À Genève, chez un de mes oncles, M. Loindet.

—M. Loindet est votre oncle? Eh! mais je le connais beaucoup; il avait une sœur bien belle: serait-ce votre mère?

—Oui, monsieur.

—Ah! sans doute, je trouve une ressemblance... Je me disais aussi, cette figure ne m'est pas inconnue.

—Bien! pensa Tancrède, voilà encore ma figure qui fait son effet.

M. Poirceau continua:

—Je l'ai connue bien jeune, votre mère; elle était si belle! Ah! tout le monde l'admirait! et puis de l'esprit, du bon sens, raisonnable! C'est une femme de mérite. Où est-elle maintenant?

Tancrède répondit à toutes les questions que M. Poirceau lui adressa sur le compte de sa mère, et il se réjouissait de la bienveillance, de l'affection même que son nouveau protecteur lui témoignait.

—Cette belle Amélie! elle ne se souvient pas de moi: n'importe! je suis heureux de pouvoir lui être utile. Son fils n'est pas un inconnu pour moi. J'espère que nous nous entendrons. Mais je veux, avant tout, vous présenter à ma femme. Justement, ce soir, nous avons un petit bal; il lui faut des danseurs, et je ne saurais lui amener un plus beau cavalier!