DONE ELVIRE.
Oui. Je m'en réjouis et pour vous et pour moi.
DON GARCIE lit.
«Malgré l'effort d'un long mépris,
»Le tyran toujours m'aime; et, depuis votre absence,
»Vers moi, pour me porter au dessein qu'il a pris,
»Il semble avoir tourné toute sa violence,
»Dont il poursuivoit l'alliance
»De vous et de son fils.
»Ceux qui sur moi peuvent avoir empire,
»Par de lâches motifs qu'un faux honneur inspire,
»Approuvent tous cet indigne lien.
»J'ignore encor par où finira mon martyre,
»Mais je mourrai plutôt que de consentir rien.
»Puissiez-vous jouir, belle Elvire,
»D'un destin plus doux que le mien!
»Done Ignès.»
DONE ELVIRE.
Je vais faire réponse à cette illustre amie.
Cependant apprenez, prince, à vous mieux armer
Contre ce qui prend droit de vous trop alarmer.
J'ai calmé votre trouble avec cette lumière,
Et la chose a passé d'une douce manière;
Mais, à n'en point mentir, il seroit des momens
Où je pourrois entrer dans d'autres sentimens.
DON GARCIE.
Eh quoi! vous croyez donc?...