DONE ELVIRE.
Je crois ce qu'il faut croire.
Adieu. De mes avis conservez la mémoire;
Et, s'il est vrai pour moi que votre amour soit grand,
Donnez-en à mon cœur les preuves qu'il prétend.
DON GARCIE.
Croyez que désormais c'est toute mon envie,
Et qu'avant qu'y manquer je veux perdre la vie.
ACTE II
SCÈNE I.—ÉLISE, DON LOPE.
ÉLISE.
Tout ce que fait le prince, à parler franchement,
N'est pas ce qui me donne un grand étonnement;
Car que d'un noble amour une âme bien saisie
En pousse les transports jusqu'à la jalousie,
Que de doutes fréquens ses vœux soient traversés,
Il est fort naturel, et je l'approuve assez:
Mais ce qui me surprend, don Lope, c'est d'entendre
Que vous lui préparez les soupçons qu'il doit prendre,
Que votre âme les forme, et qu'il n'est en ces lieux
Fâcheux que par vos soins, jaloux que par vos yeux.
Encore un coup, don Lope, une âme bien éprise,
Des soupçons qu'elle prend ne me rend point surprise;
Mais qu'on ait sans amour tous les soins d'un jaloux,
C'est une nouveauté qui n'appartient qu'à vous.
DON LOPE.