Cette sérénade est composée de chant, d’instrumens et de danse. Les paroles qui s’y chantent ont rapport à la situation où Éraste se trouve avec Julie, et expriment les sentimens de deux amans qui sont traversés dans leurs amours par le caprice de leurs parens.

UNE MUSICIENNE.

Répands, charmante nuit, répands sur tous les yeux
De tes pavots la douce violence;
Et ne laisse veiller, en ces aimables lieux,
Que les cœurs que l’amour soumet à sa puissance.
Tes ombres et ton silence,
Plus beaux que le plus beau jour,
Offrent de doux momens à soupirer d’amour.

PREMIER MUSICIEN.

Que soupirer d’amour
Est une douce chose,
Quand rien à nos vœux ne s’oppose!
A d’aimables penchans notre cœur nous dispose;
Mais on a des tyrans à qui l’on doit le jour.
Que soupirer d’amour
Est une douce chose,
Quand rien à nos vœux ne s’oppose!

SECOND MUSICIEN.

Tout ce qu’à nos vœux on oppose
Contre un parfait amour ne gagne jamais rien;
Et, pour vaincre toute chose,
Il ne faut que s’aimer bien.

TOUS TROIS ENSEMBLE.

Aimons-nous donc d’une ardeur éternelle:
Les rigueurs des parens, la contrainte cruelle,
L’absence, les travaux, la fortune rebelle,
Ne font que redoubler une amitié fidèle.
Aimons-nous donc d’une ardeur éternelle:
Quand deux cœurs s’aiment bien,
Tout le reste n’est rien.

PREMIÈRE ENTRÉE DE BALLET.