IPHICRATE.

Vous auriez bien la mine, Sostrate, d’être vous-même cet ami dont vous prenez les intérêts.

SOSTRATE.

Ne cherchez point, de grâce, à me rendre odieux aux personnes qui vous écoutent. Je sais me connoître, seigneur; et les malheureux comme moi n’ignorent pas jusques où leur fortune leur permet d’aspirer.

ARISTIONE.

Laissons cela; nous trouverons moyen de terminer l’irrésolution de ma fille.

ANAXARQUE.

En est-il un meilleur, madame, pour terminer les choses au contentement de tout le monde, que les lumières que le ciel peut donner sur ce mariage? J’ai commencé, comme je vous ai dit, à jeter pour cela les figures mystérieuses que notre art nous enseigne; et j’espère vous faire voir tantôt ce que l’avenir garde à cette union souhaitée. Après cela, pourra-t-on balancer encore? La gloire et les prospérités que le ciel promettra ou à l’un ou à l’autre choix ne seront-elles pas suffisantes pour le déterminer; et celui qui sera exclu pourra-t-il s’offenser, quand ce sera le ciel qui décidera cette préférence?

IPHICRATE.

Pour moi, je m’y soumets entièrement; et je déclare que cette voie me semble la plus raisonnable.