CLÉONICE.
Madame, je viens vous dire qu’Anaxarque a jusqu’ici abusé l’un et l’autre prince, par l’espérance de ce choix qu’ils poursuivent depuis longtemps, et qu’au bruit qui s’est répandu de votre aventure, ils ont fait éclater tous deux leur ressentiment contre lui, jusque-là que, de paroles en paroles, les choses se sont échauffées, et il en a reçu quelques blessures dont on ne sait pas bien ce qui arrivera. Mais les voici.
SCÈNE IV.—ARISTIONE, ÉRIPHILE, IPHICRATE, TIMOCLÈS, SOSTRATE, CLÉONICE, CLITIDAS.
ARISTIONE.
Princes, vous agissez tous deux avec une violence bien grande! et si Anaxarque a pu vous offenser, j’étois pour vous en faire justice moi-même.
IPHICRATE.
Et quelle justice, madame, auriez-vous pu nous faire de lui, si vous la faites si peu à notre rang dans le choix que vous embrassez?
ARISTIONE.
Ne vous êtes-vous pas soumis l’un et l’autre à ce que pourroient décider, ou les ordres du ciel, ou l’inclination de ma fille?
TIMOCLÈS.