Oui, madame, nous nous sommes soumis à ce qu’ils pourroient décider entre le prince Iphicrate et moi, mais non pas à nous voir rebutés tous deux.
ARISTIONE.
Et si chacun de vous a bien pu se résoudre à souffrir une préférence, que vous arrive-t-il à tous deux où vous ne soyez préparés? et que peuvent importer à l’un et à l’autre les intérêts de son rival?
IPHICRATE.
Oui, madame, il importe. C’est quelque consolation de se voir préférer un homme qui vous est égal; et votre aveuglement est une chose épouvantable.
ARISTIONE.
Prince, je ne veux pas me brouiller avec une personne qui m’a fait tant de grâce que de me dire des douceurs; et je vous prie, avec toute l’honnêteté qui m’est possible, de donner à votre chagrin un fondement plus raisonnable; de vous souvenir, s’il vous plaît, que Sostrate est revêtu d’un mérite qui s’est fait connoître à toute la Grèce, et que le rang où le ciel l’élève aujourd’hui va remplir toute la distance qui étoit entre lui et vous.
IPHICRATE.
Oui, oui, madame, nous nous en souviendrons. Mais peut-être aussi vous souviendrez-vous que deux princes outragés ne sont pas deux ennemis peu redoutables.
TIMOCLÈS.