[9] Lisez de Vassan.
M. Brunet de Monferrant[10], rue des Francs-Bourgeois.
[10] Il avoit acheté une des nouvelles charges 100,000 écus, « comme le roi, dit Dangeau, les a fixées. » Un beau portrait de lui gravé par P. Drevet, d’après F. de Troye, se trouve en tête des Nouvelles remarques, ou réflexions critiques, morales et historiques, par l’abbé Bordelon, vol. in-12 publié en 1695, qui lui est dédié.
M. Gilbert[11], rue de Torigny.
[11] Louis-Charles Gilbert, qui occupoit cette charge de président à la Chambre des Comptes, depuis 1691. Il étoit fils du marchand Gilbert, qui vendoit du drap, près des Saints Innocents, à l’enseigne des Rats, et à qui sa grosse fortune avoit valu de pouvoir marier sa fille Jeanne au Conseiller d’Etat, Fleuriau d’Armenonville, dont il a été parlé plus haut. Ce mariage avoit été beaucoup remarqué et chansonné. (V. le Chansonnier ms. de Maurepas, t. VII, p. 43 et 275.) Le président Gilbert étoit des plus entendus. Il fit notamment un rapport célèbre, qui donna gain de cause au Roi contre le duc de Bouillon dans un important procès. (Dangeau, 9 avril 1715.) Il étoit aussi fort riche. En 1705, son fils avoit pu acheter 55,000 livres le régiment de Chamillart.
M. Tambonneau[12], rue de l’Université[13].
[12] Son père, auquel il succéda, comme président des Comptes, en 1684, a, dans Tallemant, son historiette, où ni lui ni sa femme ne sont fort bien traités. (Edit. P. Paris, t. VII, p. 80, etc.) Le fils, avant d’avoir sa charge, avoit dès 1657 été conseiller au Parlement, puis envoyé extraordinaire à Cologne, et ambassadeur en Suisse. Il mourut, ayant environ quatre-vingt-huit ans, au mois de novembre 1719.
[13] Il habitoit « cette belle maison auprès du Pré aux Clers », comme dit Tallemant, que Le Vau avoit bâtie pour son père, et qu’on voit déjà figurée, en 1652, sur le plan Gomboust. Elle est décrite par G. Brice (édit. de 1701, t. II, p. 267), avec son ordre dorique en pilastres, sa cour « d’une étendue considérable », ses appartements doubles, et son jardin où, ajoute G. Brice, « La Quintinie fameux jardinier du Roy a fait son apprentissage. » Tambonneau la vendit longtemps avant de mourir. En février 1698, il entra en marché avec M. le comte de Marsan, et après quelques difficultés à propos de la propriété d’une moitié de jardin, qui sont curieusement racontées dans les Annales de la Cour et de Paris, t. I, 221, l’affaire s’arrangea. Tambonneau avoit, paroît-il, besoin de vendre. Le prix fut de 235,000 livres, mais l’on calcula qu’avec les réparations à faire, et l’achèvement de quelques parties, l’hôtel ne monteroit pas à moins de 100,000 écus (Dangeau, 5 fév. 1698). En 1710, le comte de Marsan le vendit à M. de Matignon. Quatorze ans après son petit-fils, le prince de Pons, le racheta, et le garda toute sa vie. On ne l’a démoli qu’en 1845, pour percer la rue Neuve de l’Université, dont le nom actuel est rue du Pré aux Clercs, et qui par sa longueur, de la rue de l’Université à la rue Saint-Guillaume, permet d’apprécier ce qu’étoit l’étendue de ce magnifique hôtel.
M. Robert[14], rue Neuve Saint Augustin.
[14] Louis Robert de Fortille. Nous nous étonnons qu’il figure ici, car il avoit, deux ans auparavant, le 20 décembre 1690, donné démission de sa charge pour payer ses dettes, à la suite d’énormes pertes au jeu. (Dangeau, 20 déc. 1690.) C’étoit un des plus gros joueurs de Paris. On veut que La Bruyère l’ait eu en vue dans le 75e Caractère de son chapitre des Biens de fortune : « Mille gens se ruinent au jeu… » Un jour, chez Lauzun, il avoit perdu contre le prince Philippe dix mille pistoles « qu’il paya, sans vouloir de composition », dit Dangeau (13 août 1686). Il étoit parent de Louvois, dont il avoit très-énergiquement secondé les projets en Hollande, comme intendant des places conquises. (C. Rousset, Hist. de Louvois, t. I, p. 435.) L’Espine, des bâtiments du roi, que nous trouverons plus loin, étoit son beau-père.