Licentiez Immatriculez du Parlement.
On peut recouvrer la Liste des Avocats Plaidans et Consultans au Palais, chez Charles de Sercy, Libraire dans la grand Salle à la bonne Foy couronnée.
Ceux qui sont dénommez en cette Liste sont gens généralement reqammandables par leur condition et par leur éloquence par exemple pour les Consultations, Mrs Billard, ruë de Savoye[9]. Sonnet, rue du Battoir. Issaly, rue des Rats. Husson[10], ruë Bourtibourg. Le Verrier, ruë du Jardinet. Raviere, ruë des Deux Portes. Chappé, rue de l’Observance. Du Pré, ruë des Cordeliers. Sever[11], même ruë. De Riparfond[12], rue de la Harpe. Braquet, Cloître Notre Dame, etc. Pour les Plaidoïers Mrs Chardon[13], ruë des deux Portes. De Nivelle, ruë de la Bucherie[14]. Robert de S. Martin, rue Haute-feuille. Baille, rue du Cimetiere Saint André des Arts. Hérard, rue de Savoye. De Retz, près Saint Jean en Grève. Du Mont[15], ruë du Jardinet, etc. Pour les Matières Benéficiales Mrs Nouët[16], montagne Saint Geneviève. Sachot[17], ruë de l’Eperon. Ferrand, rue Saint Loüis du Marais. Du Chesne, ruë de Bièvre. Et pour les matières qui sont traitées au Trésor, Fiefs, Aubaines et Confiscations, M. Mouffle, ruë des mauvaises paroles, etc.
[9] C’est ce terrible avocat Billard, qui fit tant de bruit pour empêcher les Comédiens, que le voisinage du collége Mazarin faisoit chasser du théâtre Guénegaud — aujourd’hui passage du Pont-Neuf — de venir s’installer dans la rue de Savoie. Louvois leur étoit favorable, car, ainsi qu’on l’apprend par une lettre de Racine à Boileau, il s’étoit même fait donner le plan du lieu « où ils vouloient bâtir dans la rue de Savoie » ; mais Billard, avec ses cris, l’emporta, à la grande joie de son quartier, du reste : « Tous les Bourgeois, dit encore Racine, trouvent fort étrange qu’on vienne leur embarrasser leur rue. M. Billard surtout qui se trouveroit vis-à-vis de la porte du parterre, crie fort haut ; et, quand on lui a voulu dire qu’il en auroit plus de commodité pour s’aller divertir, il a répondu fort tragiquement : « Je ne veux point me divertir. » — Il avoit de la réputation. Une de ses causes les plus brillantes avoit été, en 1675, celle d’une servante, épousée par le fils du riche marchand de la Herse d’Or, au faubourg Saint-Germain, dont on vouloit faire casser le mariage. (Journal des Audiences, t. III, p. 70.)
[10] Martin Husson. Il figuroit déjà au tableau des avocats, en 1643. Le traité de Advocato est de lui.
[11] Nous le trouvons, vers ce temps-là, plaidant avec succès dans une affaire de succession. (Journal des Audiences, t. II, p. 79-80.)
[12] Etienne Gabriau de Riparfond, inscrit, dès le 13 juin 1661, au tableau des avocats. Une de ses plus belles affaires fut, comme on peut le voir dans le Journal des Audiences (t. III, p. 101), celle des religieuses de Sainte Catherine, qu’il gagna. Il mourut en 1724, léguant aux avocats du Parlement sa bibliothèque, qui fut pour la leur un premier fond. On peut consulter sur lui l’Histoire des Avocats au Parlement de Fournel, t. II, p. 408 ; et la Bibliothèque du Poitou par Dreux du Radier, t. IV, p. 335. La Conférence des avocats possède son portrait en robe rouge. C’est un don de Dupin aîné en 1831.
[13] L’abbé Goujet (Biblioth. franç., t. II, p. 367) nous le donne comme ayant eu une grande réputation, mais qui s’effaça vite.
[14] Louis de Nivelle, inscrit au tableau depuis le 2 décembre 1657 : « Il peut, dit l’abbé Goujet (id., p. 369), passer pour très-bon avocat. Il est savant, il a du génie et du bon sens. » D’Aguesseau ne l’appeloit que le grand Nivelle. C’est lui qui avoit défendu la Brinvilliers. Ses plaidoyers n’ont pas été conservés, ce qui étoit un des regrets de l’abbé Goujet. (Id., p. 330.)
[15] Jacques-François Dumont, avocat inscrit, depuis le 4 juillet 1667. L’abbé de Villiers, dans une note de sa 3e Epître, livre Ier, le cite comme un des célèbres. Il vient de blâmer Lulli de ce qu’il fait chanter la tragédie au théâtre, et il ajoute :