Si cet usage plaît, s’il est autorisé

Chevalier ou Dumont pourroit s’être avisé

En plaidant les moyens que sa partie expose

D’en mettre en airs les droits, et de chanter sa cause.

Dans l’affaire Beausergent, qui fut célèbre en 1689, il avoit plaidé contre Beausergent. (Guyot de Pitaval, Causes célèbres, t. III, p. 194-196.) — Quand il mourut en 1718, le Mercure du mois de mai lui consacra un article, p. 187, où on lisoit qu’il fut « pendant cinquante ans l’aigle du Palais. »

[16] Il ne plaidoit pas, il s’en faut, que les affaires ecclésiastiques. Nous le trouvons, en effet, le 18 février 1677, dans une cause dont l’espèce étoit au moins scabreuse. C’est celle du cas d’impuissance du marquis de Langey, de laquelle il résulta que défense fut faite aux Juges d’ordonner pour ces sortes d’affaires « la preuve par le Congrès. » Pageau plaida pour le marquis, Blondeau et Nouet pour la partie adverse. (Journal des Audiences, t. III, p. 195.) D’après une note de Brillon, dans son Théophraste moderne (1701, in-12), c’est l’avocat Nouet qu’il y auroit peint sous le nom de Téocrine dans ce passage flatteur : « Téocrine n’a que sa chevelure naturelle, une robe très-simple, point de laquais, point de carrosse, mais beaucoup de talent pour sa profession. » D’Aguesseau cita Nouet comme un modèle dans sa mercuriale de rentrée, en 1699.

[17] La protection de son frère l’abbé Sachot, grand directeur de dévotes, dont il est parlé dans les Mémoires de l’abbé Legendre (p. 59-60), l’avoit poussé vers ces affaires ecclésiastiques. Comme Nouet, il ne s’y tenoit pas exclusivement. Il plaida par exemple, mais sans succès, pour la duchesse de Mazarin contre son mari, dans un procès dont nous reparlerons à la note suivante.

Quelques uns de ces celèbres sont particulièrement habituez au grand Conseil, comme Mrs de Monchant, Cloître Saint Mederic. Vaillant, rue de Savoye. Eurard, Cloître Saint Germain l’Auxerrois[18]. Laurent, ruë de la Monnoye. Chaudet, rue Quinquempoix. Doremieux, rue Bailleul, etc. Ou à la Cour des Aydes, comme Mrs Merlin, ruë de la Verrerie. De Tessé, rue de la Colombe. Martinet[19], rue Hautefeuille, etc. Ou au Châtelet, comme Mrs Maurice, ruë des Prouvaires. Guérin, rue S. Martin. Gondault[20], rue de Glatigny. Polliac, ruë de la Bucherie. Barbier, rue du Platre[21], etc.

[18] Lisez Errard (Claude). Inscrit au tableau, depuis le 24 août 1664. Il gagna, en 1691, la cause des trois frères aînés Le Boultz, que le père avoit réduits à leur légitime, pour avantager leur puîné ; mais son triomphe fut l’affaire du duc et de la duchesse de Mazarin, dont nous venons de dire un mot. Il plaida pour le duc contre sa femme, l’intrigante Hortense Mancini, qu’il voulut qu’on déclarât à cause de sa conduite déchue et privée de sa dot. Il demanda aussi que provisoirement elle fût mise au moins dans un couvent, ce que lui accorda la Cour. On sait que Saint-Evremond lui répliqua par un Memoire qui est dans ses Œuvres (t. V, p. 355, et VI, p. 500). Les plaidoyers d’Errard furent recueillis en 1694. (Journal des Savants, 16 avril 1695.)

[19] Nous ne savons rien de lui, sinon qu’il étoit bel esprit, et qu’il fit cette épigramme sur le petit Jacques Corbin qui avoit plaidé sa première cause à quatorze ans :