[14] « Qui fait partie du Palais Royal, et qui a sa porte dans la rue de Richelieu. » Edit. 1691, p. 9. C’étoit un pavillon, dont une salle donnoit de plain-pied sur le jardin du Palais-Royal. Il devoit son nom au duc de Damville, qui n’étoit que comte de Brion quand le roi l’avoit fait bâtir, pour lui, en 1651. Il y logea plus tard Mme de La Vallière. C’est là que se fit, en plein air, la première exposition de peinture, en 1673. Le Théâtre françois en occupe à peu près l’emplacement. On verra en effet plus loin que le Palais Brion étoit « à l’entrée de la rue de Richelieu. »
Pour ce qui est des deux Academies établies pour la Peinture, pour la Sculpture et pour la Dance, elles n’ont presque pour objet que l’exercice. La premiere qui est pour les Peintres et pour les Sculpteurs, se tient aussi au Palais Brion, à l’entrée de la rue de Richelieu. Elle est composée d’un grand nombre de fort habiles Maitres qui apportent un soin particulier à l’éducation de leurs élèves, et qui leur fournissent continuellement pour le dessein, des modèles humains et vivans placez en différens jours et en diverses postures. Ils trouvent même cet avantage dans leurs études, que l’Academie fait distribuer des prix considérables à ceux qui font plus de progrès dans un certain espace de temps[15].
[15] « Pour être compris dans la liste des disciples, qui doivent y avoir entrée, l’aspirant doit avoir pour professeur l’un des Académiciens, qui, pour justifier la protection qu’il lui accorde, lui donne un billet imprimé signé de lui, et adressant aux Officiers de l’Académie auxquels il le présente. Après quoy ce billet ayant été pareillement signé du Recteur qui est de quartier, et du Professeur qui est en mois, le disciple a la liberté de se rendre tous les jours à l’Académie, où il s’exerce avec tous les autres à dessigner des modèles humains et vivants, placez en différents jours et en diverses postures ; ce qu’ils continuent pendant trois mois, laissant toujours leurs desseins à l’Académie, où ils sont ensuite examinez par les Officiers, qui distribuent une forte médaille d’or à celuy qui a le mieux réussi, une médaille moins pesante du même métail à celui qui approche le plus près de la force de ce premier, et une médaille d’argent à celui dont les desseins prévalent sur tous ceux des disciples auxquels l’Académie n’accorde aucun prix. Après cela, on divise la troupe en trois classes, relativement à la capacité des disciples. Ceux de la première entrent et se placent avant les deux autres classes, qui gardent entre elles le même ordre ; mais avant que les entrées se renouvellent, on recommence aussi la cérémonie des billets et des presentations cy-devant expliquées. Outre les prix qui se distribuent, comme il vient d’être dit, il s’en distribue encore quatre autres à la Saint Louis, qui donnent encore plus d’émulation aux disciples ; par cette raison que ceux qui les ont gagnez sont envoyez et entretenuz à Rome durant trois ans, aux dépens du Roi, même de couleurs et de pinceaux, en travaillant seulement quatre jours la semaine à faire des copies pour Sa Majesté : outre qu’étant revenus, ils sont préférés pour les beaux ouvrages, et reçus sans peine membres de l’Académie, ce qui leur donne de plein droit la liberté de travailler à Paris, et ce qui les met dans un degré de distinction très honorable. Les élèves des peintres et ceux des sculpteurs sont indifféremment admis à disputer les prix, lorsqu’ils ont été jugés de force suffisante ; à cet effet, ceux qui aspirent à ce bénéfice, présentent chacun un esquisse de leur façon ; et, afin que l’Académie soit assurée qu’aucune de ces esquisses n’a été supposée, les Professeurs font faire en leur présence un impromptu à chacun de ceux qui ont présenté de bonnes esquisses ; et tous ceux de qui les impromptus sont d’une force relative à leurs esquisses, sont admis à travailler pour les prix qui sont au nombre de quatre, savoir : deux médailles d’or, et deux d’argent, qui sont distribuées aux quatre disciples qui ont travaillé avec plus de succès, entre lesquels le plus fort reçoit encore un laurier de la main du surintendant de ces Académies. » Edit. 1691, p. 9.
La deuxième qui est pour l’exercice de la Danse[16] tient Salle tous les Jeudis pour eprouver ses eleves, ruë Bailleuil, chez M. de Beauchamp qui en est Chancelier et Maître des Balets du Roy. Selon les statuts de cette Academie, elle ne devroit estre composée que de treize Académiciens ; mais ce nombre a esté augmenté[17] par les grâces que le Roy a bien voulu faire, à quelques uns de ceux qui ont eu l’honneur de danser devant Sa Majesté avant d’y estre admis[18].
[16] « L’Académie royale de danse, qui est établie par lettres patentes à l’instar de celles dont il vient d’être parlé, tenoit il n’y a guère ses assemblées au Palais des Tuileries, dans l’antichambre de Monseigneur, et les tient maintenant dans la salle de Monsieur Beauchamp, maître des ballets du Roi, et chancelier de l’Académie, en sa maison rue Bailleul, derrière l’hôtel d’Aligre. » Id., p. 10. — Les lettres patentes « pour l’établissement de l’Académie royale de danse, en la ville de Paris », avoient été vérifiées au Parlement le 30 mars 1662.
[17] « Et le sera probablement encore. » Edit. 1691, p. 10.
[18] « Trois de ces maîtres se rendent tous les jeudis à l’Académie, pour exercer gratuitement les personnes de considération qui s’y trouvent, et les élèves des Académiciens, qui aspirent d’être admis à l’Académie, et qui ont, à cet effet, leurs protecteurs, par qui l’Académie est certifiée de leur capacité lors de leur réception, qui se fait toujours après la convocation de plusieurs personnes qualifiées, et des maîtres de l’Académie, en présence desquels ils font une expérience de chef-d’œuvre : après quoy, ils sont en plein droit d’enseigner la danse à Paris, et de jouir de divers privilèges que le Roi a eu la bonté d’accorder à cette Académie, où l’on est reçu seulement en payant une somme très modique, et en donnant une bourse de jetons d’argent qui sont distribués au nombre de deux à chacun des maîtres qui se trouvent à l’Académie les jours d’exercice et encore les premiers jeudis de chaque mois, afin de porter les Académiciens à se trouver à l’Assemblée générale qui se tient ce jour là à l’Académie pour délibérer sur les affaires communes, ainsi que le premier jour de mai. » Id., p. 10.
CONFÉRENCES.
Il y a un concours de scavans toutes les aprésdinées chez M. l’Abbé Ménage, Cloitre Notre Dame[19], où l’on confère sur toutes sortes de sujets[20].
[19] Ménage, après la mort du cardinal de Retz, dont il étoit en quelque sorte devenu le secrétaire, avoit pris un logis au Cloître : « Il y tint régulièrement, dit La Monnoye dans la Notice en tête du Menagiana, t. I, tous les mercredis de chaque semaine, une assemblée, qu’il appeloit, à cause du jour, sa Mercuriale, où il eut la satisfaction de voir toujours un grand concours de gens de lettres, tant françois qu’étrangers. » La maison où il logeoit, existe encore rue Massillon, no 4. C’est celle où La Harpe mourut. (Rev. archéolog., t. IV, 1re part., p. 144.)