Ceux d’entr’eux qui professent les Mathématiques, ont leurs appartements à l’Observatoire Royal à l’extremité du Fauxbourg Saint Jacques.
Quoy-que la musique fasse partie des Mathematiques ; elle a neanmoins son Academie particulière, parcequ’elle seroit entierement inutile, si comme les autres Arts liberaux, elle n’étoit soutenüe de la pratique[8]. Cette Academie s’exerce au quartier de saint Roch[9] chez M. de Francine qui en est Directeur[10] à la répétition des pièces de Theâtre qu’on nomme Opéra, et qu’elle représente ensuite sur le Théâtre du Palais Roial, ce qui peut être pratiqué par la Noblesse sans déroger.
[8] « L’Académie royale de musique, qu’on nomme Opéra, est principalement occupée à représenter des tragédies en musique de la composition de M. Quinault… » Edit. 1691, p. 8. (V. plus loin au chap. Passe-temps et Menus plaisirs.)
[9] Rue Saint-Nicaise. C’est ce qu’on appeloit « l’hôtel de l’Académie. » (V. notre Hist. de la Butte Saint-Roch, p. 182.)
[10] Il avoit succédé à Lulli, dont il étoit le gendre.
La Societé Royale de Medecine est encore une espèce d’Academie[11] en laquelle on passe des règles à la pratique, ce qui fait qu’elle est composée de Philosophes, de Medecins, de Chirurgiens et d’Apoticaires artistes. Elle tient des Conférences publiques tous les Dimanches après Vepres, rue de Pincourt, Faubourg saint Antoine, chez Monsieur de Blegny qui en est Directeur, qui a commencé cet établissement par ordre du Roy, sous la protection de M. Daquin, premier Medecin de S. M. Il a deja publié plusieurs volumes d’Observations et d’Experiences, et il travaille sans relache à faire de nouvelles découvertes[12]. Cette Societé a des membres en plusieurs Villes de Provinces, qui travaillent utilement à la fin commune, qui est la perfection du plus important de tous les Arts.
[11] « … Est établie par ordre de la Cour, et… disciplinée sur le pied des Académies d’établissement royal. Elle a pour sujet toutes les sciences naturelles et les arts qui en dépendent. » Edit. 1691, p. 12.
[12] « M. de Blegny… a l’avantage d’avoir pratiqué et enseigné successivement toutes les parties de la philosophie et de la médecine. Il a composé dix-huit volumes très-curieux sur les sujets particuliers qui en dépendent, et inventé diverses machines fort industrieuses, qui lui ont toujours attiré beaucoup d’auditeurs. Il s’est retiré depuis quelque temps à son jardin médicinal à l’entrée du faubourg Saint-Antoine, grande rue de Pincourt, où il tient une pension pour les malades, dont il sera parlé ci-après (V. plus bas, Pension pour les malades). Mais on ne laisse pas de le trouver presque tous les jours chez M. son fils, apothicaire du Roi, à l’entrée de la rue de Guénegaud, où il tient ses conférences en hiver, ne les ayant établies l’été à Pincourt, qu’à cause des plantes médicinales qu’il y fait élever pour la satisfaction et l’utilité des médecins, chirurgiens et artistes, qui sont sous sa direction, et qui s’y rendent les dimanches après le service divin, pour conférer à l’ordinaire et consulter sur les indispositions des malades, qui se présentent, et à qui l’on donne gratuitement les ordonnances et délibérations. Mais en hiver, la conférence de la rue Guénegaud se tient les jeudis non fêtez, et commence à trois heures de relevée. » Edit. 1691, p. 12.
Il en est tout de même de l’Academie d’Architecture, c’est un Art qui a beaucoup de preceptes scientifiques, mais qui sont applicables à la mechanique active. Elle est d’etablissement Royal et a eu feu M. Colbert pour protecteur. Maintenant elle est sous la protection de M. de Villacerf[13] et tient ses assemblées tous les Lundis de relevée, au Palais Brion[14].
[13] Edouard Colbert, marquis de Villacerf, cousin du ministre.