[12] « Le cabinet de M. Rousseau, où l’on voit plus de quatre-vingts volumes, gros comme l’Atlas, lesquels contiennent tout ce qu’il y a de beau dans tous les Etats du monde. Tous les hommes illustres et tous les saints y sont représentés, — au moins ceux dont on a fait des estampes. — Néanmoins cette bibliothèque ne doit passer que pour un recueil. » (Le Gallois, Traité des plus belles Biblioth. de l’Europe, 1680, in-8, p. 130-131.)
A celle de M. Bultault[13], près la place des Victoires.
[13] Louis Bulteau, qui mourut l’année suivante, 1693, chez les Bénédictins. Son frère Charles, en faveur duquel il s’étoit démis de sa charge de secrétaire du Roi, conserva la riche bibliothèque qu’il lui légua. Elle ne fut vendue qu’en 1711, un an après sa mort. Gabriel Martin en publia le catalogue : Bibliotheca Bulteriana, 2 vol. in-12. A cette vente, la Bibliothèque du Roi n’acquit pas moins de 850 volumes.
A celle de M. l’Abbé de la Chambre[14], sur le quay de Nesle.
[14] « Sa grande inclination, dit Vigneul-Marville, dans l’éloge qu’il a fait de cet académicien inconnu, étoit pour les livres Italiens et Espagnols. » (Mélanges d’histoire et de littérature, t. I, p. 97.)
A celle de M. Chassebras de Cramailles, rue du cimetiere saint André, où il y a beaucoup de curiositez d’Italie et du Levant, d’Estampes, de Monnoies, etc.
A celle de la Sorbonne, où il y a de rares manuscrits de Théologie[15].
[15] Le Gallois, dans son Traité cité tout-à-l’heure, nous la donne, p. 133, comme étant « sans contredit une des plus florissantes de l’Europe. » C’étoit en 1680, elle augmenta beaucoup, depuis. Au XVIIIe siècle, on n’y comptoit pas moins de 5,000 mss., et 60,000 volumes. Ses principaux bienfaiteurs avoient été Richelieu et l’un de ses secrétaires, l’abbé Des Roches, que l’on connoît par l’Epître que lui dédia Boileau. En 1796, les manuscrits furent portés à la Bibliothèque Nationale, où on les réunit au fonds qui provenoit du cardinal de Richelieu.
A celle du Collége de Loüis le Grand, rue saint Jacques, composée en partie de celle de M. Fouquet[16].
[16] Suivant une note fort juste de l’abbé Goujet, écrite en marge de l’exemplaire du De Bibliothecis parisiensibus, de Dan. Maichel, 1729, in-8, p. 94, que nous possédons, le Fouquet auquel les Jésuites devoient un fonds dont s’enrichit leur bibliothèque n’étoit pas Fouquet, le surintendant, mais Fouquet, marquis de la Varenne. Les livres acquis avec l’argent de son legs se distinguoient par un double Φ, sur le dos de la reliure.